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L'û de polain (L'oeuf de poulain)
L'oeuf
de poulain en cartes postales...cliquez sur la photo pour l'agrandir
I n'y avôt eunne fouè in' home de Frimbeau qu'atôt à merchi
de L'ninville et qu'voyé des tot grosses cahônes, mès i n'savôt qu'ast-ce-que
ç'atôt et i demandé â in Monsu de L'ninville qu'pèssôt: qu'ast-ce que ç'ast de
c'lè, Monsu?
Lo Monsu qu'lo voyait in pô nigâd, li d'hé: c'ast des us de polain.
- Comment qu'on fèt po aoué in polain avo ç'lè?
Lo Monsu li d'hé: on prend in û, on le fèt cover hheu s'maines pa eune vie
fôme, pus i sate fue in piat polain.
L'hôme de Frimbeau chongè: val bin m'n effaire, j'ons chin nos mè vie
belle-mère que n'fèt pus rin, j'là mattrans cover. Pus i marchandé eune cahône
qu'on li layé po in piat étchu.
L'atôt bin jayoux en rappouquant sè cahône à Frimbau, et i d'hé è sè fôme: je
vons matte cover tè mère que d'mouère ahhute totte là jonaiye et qu'n'fèt pus
rin que d'groler, pus j'èrans avo ç'lè in bè plat polain.
Val là vie fôme-lè que côve, que côve totte là jonaiye et ca là neuye. A bout
d'hheu s'maines, i n'y avôt ca pouint d'polain. L'attendinza tojo, et là vie
fôme covôt ca quoite semaines. Pus èprès, l'hôme d'hé è sè fôme: tè mère ast
eune manre coverasse, ou bin qu'j'sons cheu sus in manre û. Lo val que prend lé
cahône, qu'vò là chier dans eune haiye. Mès i n'avôt-za in' livrâ dans là
haiye que s'savé. L'hôme quand i voyé lè piate béte-lè qu's'savôt, d'hé: oh!
qué mâ chance ! val' mo polain
qu'f... lo camp! Et i crié tant qu'i pouvôt: chouri! chouri! venans
petiat, petiat!
Mès lo livrâ ne rrvî-me. ...
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Il y avait une fois un homme de Fraimbois qui était au
marché de Lunéville et qui voyait de toutes grosses citrouilles, mais il ne
savait pas ce que c'était, et il demandé à un Monsieur qui passait: qu'est-ce
que c'est de cela, Monsieur?
Le Monsieur qui le voyait un peu nigaud, lui dit: c'est des oeufs de poulain.
- Comment qu'on fait pour avoir un poulain avec cela? Le Monsieur lui dit: on
prend un oeuf, on le fait couver six semaines par une vieille femme, et puis il
sort un petit poulain.
L'homme de Fraimbois songea: voilà bien mon affaire, nous avons chez nous ma
vieille belle-mère qui ne fait plus rien, nous la mettrons couver. Puis il
marchanda une citrouille qu'on lui laissa pour un petit écu.
Il était bien joyeux en rapportant sa citrouille, et il dit à sa femme: nous
allons mettre couver ta mère qui demeure assise toute la journée et qui ne fait
plus rien que de gronder, puis nous aurons avec cela un beau petit poulain.
Voilà la vieille femme qui couve, qui couve toute la journée et encore la nuit.
Au bout de six semaines, il n'y avait encore point de poulain. Ils attendaient
toujours, et la vieille femme couva encore quatre semaines. Puis après, l'homme
dit à sa femme: ta mère est une mauvaise couveuse ou bien que nous sommes
tombés sur un mauvais oeuf.
Le voilà qui prend la citrouille, qui va la jeter dans une haie. Mais il y
avait un petit lièvre, dans la haie, qui se sauva. L'homme, quand il vit cette
petite bête qui se sauvait, dit: Oh, quelle mauvaise chance ! voilà mon
poulain qui f... le camp! Et il cria tant qu'il pouvait: chouri! chouri! Viens
petit, petit! ...
Mais le levreau ne revint pas...
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La manière de se compter à Fraimbois
La manière de compter à Fraimbois... Cliquez sur la photo pour l'agrandir
E oune seance di conseil municipal di Frimbô, comme i manquo
des conseillers, lo maire é vlu lé compter mais n’pouvo z’y arriver.Vai comment
qui s’y preno : en montrant son adjoint i d’hoza : te et me, cé fé
ïnque, douce, trohe, qouette et continuio en lé sans jémé trouver so
compte !
Comme ç’ato lu lo pu savant, les âtes n’osin ercompter déri
lu !
Et fohe de fère, lo maire e évu eune bonne ideye. L’enmouène
toute son conseil su lé route et les zy monteure eune belle bouse de véce, tote
frahe, et leur zy dit : j’allan toute matte notte nez dedans et pu
j’comperons les trous ; ahtant que néret de nez, ahtant qu’cé feret de
petcheus !!!
Ah ! ça que c’natome le mitan d’eune foutue bête, lo
maire de Frîmbo !...
A une séance du
conseil municipal de Fraimbois, comme il manquait des conseillers, le maire, il
voulut les compter mais ne pouvait z’y
arriver. V’là comment il s’y prenait : en montrant son adjoint, il
comptait: toi et moi, ça fait un, deux, trois, quatre et ainsi de suite, sans
jamais trouver son compte...
Comme c’était lui le plus savant, les autres n’osaient
recompter derrière lui...
A la fin, le maire eut une bonne idée: il emmène tout son
conseil sur la route et il leur z’y montre une belle bouse de vache toute fraîche,
et leur z’y dit : nous allons tous mettre notre nez dedans et puis
j’compterons les trous : autant qu’il y aura de nez, autant qu’ça fera de
personnes...
Ah !! ça,
ça n’était pas la moitié d’une foutue bête,
le Maire de Fraimbois !...
Les
pompiers de Fraimbois...
Les pompiers de Fraimbois étaient sept; dans la caisse, il y
avait 28 francs. « il faut diviser 28 par 7 » dit le Maire, et prenant une feuille de papier, il pose la
division ( voir l’image ci-dessous à gauche):
Le
Maire:
1 fois ôté de 8, il reste 1.
J’abaisse 2 : ça fait 21. Dans 21, combien de fois
7 ?...3 fois.
Oté de 21, il reste 0.
« Cela fait 13 francs chacun » dit le Maire.
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En images, ça discute ferme à Fraimbois... Cliquez
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Le premier adjoint: « Je vais vérifier. Je ne
sais pas diviser mais je sais multiplier ». Il pose la multiplication 13x7
pour voir si ça fait bien 28...
Il commence (dessin du milieu) : « 3 fois 7,
21 ; il inscrit 21
Ensuite 1x 7 (car le nombre 13 est bien formé d’un 3 et d’un 1 ..., chacun d’eux devant être
multipliés par 7).
Et il compte...21+ 7 = 28 . « C’est
juste ! » dit le premier adjoint !
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Le garde-champêtre dit : « Je vais
revérifier ! Je ne comprends rien à toutes vos histoires, mais je sais
additionner. » Il prend la feuille de papier, pose l’addition (dessin de
droite) et commence à additionner les unités verticalement :
3+3= 6, 6+3 = 9, 9+3= 12, 12+3= 15, 15+3= 18, 18+3 =
21,
total des unités,
puis il passe à la colonne des dizaines et continue de
compter :
22, 23, 24, 25, 26, 27 et 28 :
« le compte y est
... », dit le garde champêtre !!
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Nous
nous sommes largement inspirés pour tous ces contes de l'édition
de Jean Lanher "Les Contes de Fraimbois", dont nous ne
saurions trop vous recommender la lecture et l'acquisition.
Avez-vous
vu nos centaines de vieilles cartes postales de Rosières-aux-Salines
?
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