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PROGRES et RENOUVEAUMieux vivre à Rosières |
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Le costume lorrain Connaissez-vous le costume lorrain ? Cette question du vêtement en Lorraine rurale nous fait pénétrer dans l'intimité de la vie quotidienne de nos ancêtres. L'excellent livre "Le costume Lorrain" d'Aline et Marie ROYER qui a déjà une vingtaine d'années, nous a abondamment servi de guide. Un grand merci à son éditeur J.M Cuny (la Revue Lorraine Populaire), pour son aide et son autorisation. Le costume masculin C’est le parmentier ou tailleur qui confectionne les habits, le tisserand, lui, fabrique les tissus. Au travail : l’homme porte une blouse, « biaude », ample, qui flotte jusqu’à mi-cuisse « en cotonnade bleue, grise ou noire », fermée devant par une agrafe de cuivre, avec souvent quelques broderies blanches au poignet ou au col. - en dessous, la chemise ou cheumbrotte, en grosse toile inusable, taillée dans une pièce de chanvre (comme les draps et les torchons). La chemise de mariage, elle, est en lin fin; c’est elle qui servira à son propriétaire pour son dernier sommeil. Le vieux passeur de Velles et costumes d'hommes. Cliquez sur les photos pour les agrandir. - le pantalon ou « broyatte », qui se porte serré aux chevilles (un peu comme les braies des gaulois), comme les paysans peints par Millet. - La ceinture, originale: de 3m, en laine rouge ou bleue, plusieurs fois enroulée autour de la taille - Le couvre-chef : soit un chapeau de feutre noir à bords larges, ou un bonnet de laine assez long; en hiver, certains enfilent le chapeau sur le bonnet. Les fêtes et dimanches: C’est la redingote (traduction française de « riding coat »), avec un gilet, un chapeau haut-de-forme et une « crovatte » (héritage des croates, mercenaires de Louis XIV) : ruban de tissu autour du cou. Costumes de fêtes et de tous les jours. Cliquez sur les photos pour les agrandir. Le costume féminin Les dessous : - Une chemise ample qui descend en cloche jusqu’aux mollets, avec des grandes manches en hiver (au coude en été), en toile de chanvre comme la chemise des hommes, en tissu fin les jours de cérémonie. La culotte n’est adoptée que très tard, « jugée indécente, voire satanique, vers 1810 », réservée aux courtisanes. C’est sous le Second Empire, l’impératrice Eugénie, excellente cavalière, qui l’impose. Les pensionnats religieux l’imposent alors sous le nom "tuyau de modestie" ! Plus tard, avec la guerre de 14-18, les femmes au travail pour des questions d’hygiène adoptent le « slip », de l’anglais « glisser ». - Le jupon ou jupe en-dessous: un ou deux, en hiver, souvent à rayures et coloré. Pendant le travail, il reste « sous la chemise et sur la jupe, parfois relevée sur les reins ». Pour les festivités, il amplifie sa circonférence, s’orne de broderies, de volants. S’il dépasse sous la jupe d’au-dessus, la porteuse du jupon est sensée assister bientôt à un mariage, ou, si elle est célibataire, risque de ne pas trouver de prétendants avant longtemps ! Au-dessus: - une jupe grise bleue, brune, souvent rayée que la ménagère retrousse sur les fesses pour éviter de l’abimer, protégée par le tablier devant (cf peinture deMillet) et une camisole (ou kémisole, chemingeotte, chamisatte, chemisette) à manches longues, encolure au ras du cou, boutonnée devant. A noter qu’elle se porte sur la jupe, et que les deux « couriattes » du tablier se nouent dans le dos en dessous de la chemisette. Ce dernier, par économie, est confectionné pour pouvoir être utilisé des deux côtés. La jupe retroussée, peinture de Millet, et la chemisette. Cliquez sur les photos pour les agrandir. -
les
bonnets:
On coiffe les enfants dès la naissance, jour et nuit. Signifiant la protection de Dieu sur
le nouveau-né. On conserve précieusement les bonnets de baptême brodés des enfants pendant des années. Le garçon porte
un bonnet et une robe jusqu’à 3-4 ans, depuis le Moyen-Age. Petit garçon habillé en fille, le bonnet, un jour de marché à Nancy. Cliquez sur les photos pour les agrandir. - La halette (prononcer « hâlette »), "coiffe d’extérieur et d’été pour les heures ensoleillées". Photos de halettes et costumes de paysannes. Cliquez sur les photos pour les agrandir. Plus sur le costume lorrain, en images - La robe de mariage Au XVIII° siècle, elle était rouge avec toutes ses variantes : « amarante, cramoisie, pourpre, écarlate, incarnat... » pour plusieurs raisons: la mariée se devait de mette sa plus belle robe; or la garance, dont on tirait le pigment rouge, donnait de bien meilleurs résultats que les autres pigments et sa tenue au soleil et à l’eau était bien meilleure. C’était aussi une couleur symbolique de la joie, de l'amour. Vers 1850, l’invention du "mauve de Chine", le premier pigment synthétique, permet toute une série de variantes. Puis la robe s’assombrit jusqu'au noir. Robes rouge et noires de mariage. Cliquez sur les photos pour les agrandir. Le châle de cachemire apparaît, - d’autant plus important que les mariages sont souvent célébrés en hiver (pendant la pause des travaux des champs). Sa teinte tire sur le rouge ou au moins une couleur chaude. Cet usage du châle date de la campagne d’Egypte de Napoléon et de la découverte de l’Orient: Joséphine de Beauharnais, femme de Bonaparte, créole, frileuse, s’est dépéchée de l’adopter et à sa suite toutes les femmes de la Cour. Puis progressivement,les mariées de France. L’usage veut que le châle en cachemire soit interdit avant le mariage. « Conservé soigneusement dans une enveloppe de toile contenant des aromates et de la menthe », il ressort pour être posé sur les nouveaux-nés à l’église lors du baptême.
Le châle en cachemire, et couple habillé en tissu d'époque. Cliquez sur cette photo pour l'agrandir. A partir de 1890, mais lentement et avec beaucoup de retard dans les campagnes, les robes blanches commencent à apparaître à la suite du mariage en robe de velours blanc à Notre-Dame de Paris de l’impératrice Eugénie, et aussi du dogme de l’Immaculée Conception. Mais il est vrai que jusqu’à la première Guerre mondiale, la couleur de la robe est rarement blanche, souvent brun clair, avec un gros nœud sur la taille, symbole d’union. Robes de mariage en blanc et couronne de fleurs d'oranger. Cliquez sur les photos pour les agrandir. Quelques coutumes relatives au mariage - La mariée porte une couronne de fleurs d’orangers, très parfumée, symbole de la fécondité. Plus tard, elle sera gardée et conservée sous un globe de verre toute la durée de la vie. - Habituellement, la couturière vient à la maison pour confectionner la robe (ou rénover une ancienne éventuellement). La mariée ne doit absolument pas le faire, ça porte malheur. - La mariée ne doit pas se regarder dans la glace en l’essayant, pour la même raison. - La messe a lieu le matin, jamais l’après-midi. - La mariée doit être à jeûn, sinon les enfants seront sourds et muets ! - Chacun apporte son couteau et sa timbale au banquet. S'il y a de la vaisselle cassée pendant le repas, ça porte chance ! Au début du repas, les assiettes s’utilisent à l’endroit, et à l’envers au dessert... - Le lendemain de la noce, tout le monde assiste à la grand messe pour les défunts des deux familles; la mariée a remplacé son châle rouge, « étrenné la veille, par un collet noir avec dentelles noires ». Plus près de nous, elle porte un tailleur offert par la belle-mère. Plus sur le mariage et sur son histoire et ses coutumes. Intérieurs lorrains par Descelle. Cliquez sur les photos pour les agrandir. A lire sur le sujet à tout prix, l'excellent livre de Marie ROYER et Aline ROYER-ROBERT, superbement illustré: « Le costume Lorrain » qui décrit "le Costume rural de la Meurthe au XIXème siècle", aux Editions Jean-Marie CUNY. Nous nous en sommes largement inspirés dans cette page. Félicitations et merci aux auteurs et à l'éditeur. Avez-vous vu nos centaines de vieilles cartes postales de Rosières-aux-Salines ? |