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PROGRES et RENOUVEAUMieux vivre à Rosières |
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Comment gagner une indulgence plénière à Rosières ? Qu’est-ce qu’une indulgence ? tout péché se traduit généralement par un temps de purgatoire. Le fait de s’en confesser, ne vous délivre pas du temps de purgatoire, ce serait trop beau...Mais les indulgences peuvent vous aider : votre temps de purgatoire peut être diminué (indulgence partielle) voire effacé (indulgence plénière). Comment faire ? Une bulle du Pape Pie VI, du 23 avril 1789 nous explique les conditions : "être repenti et confessé, visiter avec dévotion l’Eglise de Rosières le jour de l’Assomption et à la St-Pierre (29 juin), avant le coucher du soleil « entre vêpres et coucher du soleil ". C’est accordé également pour ceux qui participent aux prières des quarante heures, instituées par l'Église « pour réparer les outrages faits à Notre-Seigneur par les péchés des hommes », les trois jours avant le mercredi des cendres, « à condition de prier pour la paix et le triomphe final de l’Eglise »... Pour en savoir plus sur ces indulgences... L’église sous la Révolution à Rosières ... Nous avons eu notre curé sans-culotte. C’était un vrai curé, nommé en 1791, qui prête serment à la Constitution en 1793. Il avoue n’avoir « jamais voulu être prêtre mais fut appelé à cet état pour être utile à une famille honnête et pauvre ». Il s’appelait Laugier. Il abdique de ses fonctions de curé de Rosières dans un discours passionné adressé aux citoyens de Rosières, discours qui se termine, on ne sait pas pourquoi, en sollicitant leur aide pour trouver une épouse digne et républicaine : « impatient de jouir des douceurs de l’hymen, mon cœur libre demande que tu ( la population de Rosières !) guides son choix ; vrai sans culotte, je n’ai pas de fortune à offrir à la fille qui acceptera ma main ; j’exige d’elle un cœur enflammé de l’amour de la patrie"...Devenu Officier municipal, il s’arroge le titre, il dirige la fête de l’Etre suprême à Rosières, le 21 novembre 1793 (30 brumaire), fête que Robespierre considère comme une condition « de la paix et du bonheur.... ».
Pour l’occasion, le matin de la fête, les chevaux blancs du haras tirent un char décoré de quatre sièges , « à l’avant deux jeunes garçons portant le livre de la loi, sur le second une jeune fille et un garçon entrelacés d’un ruban tricolore et ornés de fleurs, sur les 3ème et 4ème bancs, deux vieillards respectables , auxquels des enfants servent à boire et à manger « un grand laurier ombrageant le char qui avance, entouré de chaque côté de jeunes citoyens montés sur de superbes montures; le char, au milieu du cortège. A l’avant du cortège s’avance la bannière des droits de l’homme, puis deux lignes de citoyens escortant le bonnet de liberté porté sur une pique, suivi d’une compagnie de vétérans, puis de la jeunesse, puis trois cavaliers sur un cheval blanc, juste devant le char, le tout en direction de l’Eglise (rebaptisée le temple, avec écrit sur le frontispice : « Temple de la Liberté et de la Raison »... ; derrière le char, on note la musique, les tambours, puis le conseil général, le comité de surveillance, enfin les citoyens et citoyennes qui chantent des hymnes patriotiques sur les bords du cortège. Arrivés à l’Eglise, on installe le couple de vieillards dans l’Eglise sur des fauteuils et on se dispute pour leur servir à manger et à boire. Enfin l’ex- curé Laugier fait, du haut de la chaire, un discours d’une heure, cède la place à un autre révolutionnaire qui en fait de même ; puis on détruit les confessionnaux sur la place de Rosières, on tire une salve de mousquetterie, bref, c’est la fête et tout se passe bien....Bien sûr, on part manger ; la suite l’après-midi sera moins brillante... Tout reprend donc l’après-midi vers 15 heures, cette fois-ci, Laugier, revêtu d’une écharpe municipale, demande à la population de faire de bon cœur à la nation le cadeau de « toutes les babioles religieuses » du culte de Dieu...(calices, ciboires, ornements sacrés..). Là, la population tique ...elle tique même très fort...Il a bien fait charger quelques charrettes des objets en question mais quelques femmes commencent à lui jeter des pierres. Un cabaretier l’insulte. Les autres hommes deviennent menaçants....Augier essaie de se défendre en se saisissant du sabre de son voiturier mais que peux t-il faire seul contre le nombre? Il s’enfuie et les valises et caisses, déchargées, retournent à l’église ...mais Augier ne s’avoue pas vaincu... il court au haras, demande la protection de huit cavaliers, retourne avec eux à l’église, redemande le trésor, se fait de nouveau recevoir par une pluie de pierres. Les cavaliers, après réflexion, préfèrent ne pas rester « pour protéger les chevaux des pierres », disent-ils... Le Maire, bizarrement peu visible jusque là, intervient alors, récupère son écharpe au passage et protège le citoyen Augier de la population qui réclame sa tête ; finalement, celui-ci est remis en liberté en échange de sa signature en bas d’un procès-verbal dans lequel il rend hommage « au patriotisme de la commune ! ». Il essaiera en vain de se faire rendre justice auprès du Comité de Sûreté générale ...Pour en savoir plus sur le culte de la Raison.. La dîme à Rosières aux Salines... La dîme est un impôt qui date du Moyen-Age ; il était crée en faveur de l’Eglise pour l’entretien des ministres du culte et son nom dérive du latin : décima, le dixième. En fait, l’Evêché décidait de la part des récoltes qu’il convenait de donner à l’Eglise. Dans le Sud-Ouest de la France, c’était parfois le huitième ; chez nous, en Lorraine, jusqu’au septième. Il était souvent bien plus faible ailleurs : le onzième en Normandie, le treizième dans le Berry, le cinquantième en Flandre, Dauphiné et Provence. Qui récoltait cet impôt ? ce n’était pas le curé mais « le fermier de la dîme », ou le « décimateur » qui redonnait au curé une partie de cette dîme appelée la portion congrue, qui devait permettre au prêtre de vivre décemment A Rosières, les deux tiers des dîmes sont destinées aux dames » précheresses et dominicaines de Nancy », un tiers au curé, le maître d’école ayant un préciput (part réservée) de quatre paires de réseaux de grains, étant précisé qu’une paire est formée « d’un résal de blé et d’un résal d’avoine, un résal pesant 184 livres. » Le nombre de dîmes était impressionnant : dîme grosse (les gros grains, blé, seigle), dîme menue sur les jardins potagers, chenevières, la dime carnelage (sur les bestiaux),) la dîme novale, sur les terres défrichées depuis moins de 40 ans, la dîme verte sur les fruits et le légumes, la menue dîme sur les pois, fèves, lentilles ....bref,c’était la TVA de l’époque.. les dîmes étaient dites « solites » si elles très anciennes, « insolites » ,celles qui étaient occasionnelles, (type « impôt sécheresse » de nos jours ...).
En savoir plus sur la dime et la portion congrue... |