PROGRES et RENOUVEAU

Mieux vivre à Rosières

 

 

 

 










Pages : 1
1 - En passant par la Lorraine
3
3 - St Nicolas de Port et La Peste
5
5 - Comment gagner une indulgence plénière à Rosières
7
7 - Un Homme de Foi et de Loi...
9
9 - Les lieux de production en Lorraine
11
11 - Pauvres sorcières
13
13 - La chasse
15
15 - Le goitre endémique et le crétinisme à Rosières-aux-Salines
17
17 - Le couvent des cordeliers
19
19 - Le blason de Rosières
21
21 - La Misère à Rosières-aux-Salines
23
23 - L’instruction
25
25 - Le Jugement
27
27 - Patois, suite...
29
29 - L’arrivée du choléra
31
31 - Le Nom de Rosières-aux-Salines - L’hospice Sainte-Odile
33
33 - Chroniques de nos campagnes
35
35 - Personnalités locales
37
37 - La forme du département
39
39 - Les Contes de Fraimbois II
41
41 - Le costume lorrain
43
43 - Rédaction: Notes à nos lecteurs
Voir les titres 2 2 - La Lorraine et les Bourguignons 4 4 - Les plus vieilles sources concernant Rosières aux Salines 6 6 - L’entrée de Rosières-aux-Salines aux siècles passés 8 8 - Le Castel Brun 10 10 - La France à l'époque des gabelles 12 12 - L’aveu 14 14 - Un savant à Rosières 16 16 - Pourquoi tant de goitres à Rosières et dans les pays alpins 18 18 - Les régents d’école 20 20 - Le cahier des doléances sous la Révolution 22 22 - Crime et Châtiment à Rosières-aux-Salines en 1819 24 24 - La Ruse 26 26 - L’ancien patois 28 28 - Les Haras en France 30 30 - Le petit Pont 32 32 - Victor Poirel 34 34 - La gare de Rosières-aux-Salines 36 36 - La guerre, Reichshoffen et Gravelotte 38 38 - Les Contes de Fraimbois I 40 40 - Antoine Cholet 42 42 - La Chapelle St-Odile

  L'ancien patois

On a vu dans l’histoire criminelle que le secrétaire de Mairie espionnait les prisonniers qui s’entretenaient en patois... la fable ci-dessous nous montre les particularités de ce langage fort différent du français, à l'époque. Essayez de la lire à haute voix, en insistant fort sur les ââ, ôô...l'effet devrait être saisissant auprès de vos amis...

  Eul carillonnoue - Le carillonneur ( de Boulangé ,d'après Lucien Vauthier).

Et Saulxerotte, y n'avau zo pûe qu'eune tioche, la daoue ‘autes avint servi

A Saulxerotte, il n'y avait plus qu'une cloche, les deux autres avaient servi

pendant let Révolutiun, poûe fâre do canons, comme tout pâtioù.

pendant la Révolution pour faire des canons,comme tout partout.

Au siècle dirreyie, qund noûs geos eurefayinrent loue z'église, y remotinrent

Au siècle dernier, quand nos gens rebâtirent l'église, ils y remirent

traues tioches dedot eul nouvé tiochet. Monsure Couret dit ainsi

trois cloches au nouveau clocher. Monsieur le Curé dit ainsi

et Mossieu eul Mâre : « Avot traues tioches,y faurau in carillionnoue ».

à Monsieur le Maire : « Avec trois cloches,il nous faudrait un carillonneur ».

Y se mottinrent d'accord poûe demandet et eul sinneur de ropiennie

Ils se mirent (« méttinrent !) d'accord pour demander au sonneur de remplir

so fonctiuns o eul priant de s'otraîner et so nouvelles obligatiuns,

ses nouvelles fonctions en le priant de s'entraîner à ses nouvelles obligations

poûe eune mi fâre de canâes !

pour ne pas faire de canards !

Pisqu'on n'ayiau me aucuns sons soutet füè de chie noûte sinneur,

Puisqu'on entendait aucun son sortir de chez notre sonneur,

Mossieu eul Mâre eusse rodit chie l'apprenti carillonnoue poûe vaure

Monsieur le Maire se rendit chez l'apprenti carillonneur pour voir

voroù qu'o n'atau zo noûte meusicien,pasque Pâques, Ascensiun et Panecôte

pourquoi on n'entendait pas notre musicien, parce que Pâques, l'Ascension et la Pentecôte

 approcho zo et il faurau eul carillon.« Ça va bin, ça va fin bin, dit noûte carillonnoue,

approchaient et il faudrait le carillon.« Cela va bien, cela va fin bien, dit notre carillonneur,

venet et let cave, j'euve fera vaure eume n'installatiun ».

venez à la cave, je vous ferai voir mon installation ».

Dedot let cave ponedau zo traues hottes attacheyies au piafond,

Dans la cave, pendaient trois hottes attachées au plafond,

chéceune avau zo coumme battant eune grande andouille

chacune avait comme battant une grande andouille,

et peu poûe fâre moins de brue avot eusse n'apprentissache,

et puis pour faire moins de bruit avec son apprentissage,

chéceune do z'andouilles atau zo rotoûtilleye avot do frapouilles.

chacune des andouilles était entourée de vieux chiffons.

« Inla, qui dit o présentant eusse n'installatiun, pécheune n'oeyille rin,

« Comme cela, fit-il en présentant son installation, personne n'entend rien,

pécheune n'o déranget ! »

personne n'est dérangé ! »

          

       

dessins de Jean Scherbeck, artiste lorrain, 1923, reproductions de cartes postales,"Nos gens"*

Le patois, de nos jours...

 Actuellement, il persiste beaucoup de mots de pâtois dans la converstion courante; voici une liste alphabétique des quelques termes que nous entendons encore régulièrement à Rosières-aux-Salines, à l’occasion replacés dans des expressions courantes pour mieux vous familiariser.

altata ou haltata: « il est un peu altata » : dérangé,  fantasque - bien prononcer le h aspiré...

ambèche ou embèche:  « va me chercher une embêche » (=récipient quelconque )

âties: (faire des): faire des manières

à toc : au maximum, « j’ai monté le chauffage à toc »

la babette:  la bonne du curé

bacèle (une ): jeune fille

bassiner: «  tu me bassines » : tu me casses les pieds,

bassotter ,"qu’est-ce-que tu bassottes ?" : tu brasses de l’air...faire quelque chose d’inutile

bassoteur, -euse : personne qui bassotte

le bat-beurre: une baratte, pour battre le beurre

beûgne une): un coup, une bosse ( à une personne, dans un véhicule)

beûgner (se): se cogner

beûlou: «  il est beulou »: qui ne voit pas ou mal (sens propre et figuré)

beurâ: boudeur, renfrogné, peu vivant

bisbille (une):  « il est en bisbille avec son voisin »:  fâché...

bodate (la) : le ventre, le nombril

bourrichon (se monter le) :  « arrête de te monter le bourrichon », de te monter la tête...

brayatte (la): la braguette du pantalon

brimbelle (n. f.): myrtille ; la "fête de la brimbelle" à Bruyères, dans les Vosges

briquer: nettoyer

brizaque: « cet enfant  est (un) brisaque » : il brise tout, il casse tous ses jouets...

brûl: brûlé :"ça sent le brûl ici"

broussiner: "y broussine", il pleut ( pluie fine)

caboulot: « au ptit caboulot » = au  petit café,

câgneux, -euse: pas droit, tordu (personne, objet)

caillon: « faire le caillon » : faire le cirque, le désordre

calendes:  nom donné en avril aux giboulées (de mars...)

calougeotte: petite cabane, par exemple la guérite à l’entrée de la caserne,

camp-volant: tzigane, gens du voyage

câncatte ou câcatte (une): une femme bavarde

câncatter ou câncatter: bavarder (commérages)

carne (une): personne très désagréable

cârotter: « il m’a carotté de l’argent », dérobé

catiche (une): une poupée

cayatte: « j’ai vu le bébé, il est cayatte » : il est roux, rouquin (cheveux)

chânattes (les): tuyaux d’écoulement des eaux de pluie.

chaouée (une): « il vient de tomber une bonne chaouée... »: une grosse averse,

charpagnatte: idem "camp-volant, qui fabrique et vend des charpagnes (=des paniers en osier).

chaûrée (n. f.): bouffées de chaleur : « j’ai mes chaûrées »

cheûlard, cheûlarde:  « c’est un cheûlard », un ivrogne

cheûler: boire de trop...

chigner ou chignotter: « le bébé chigne »,  il pleurniche

chouiner: pleurer

chnobotte: déformation "snow-boot »  ?... chaussons montants en feutre

chpountz: un Alsacien, un Allemand, "parler le chpountz".

clarteux, clarteuse: « c’est clarteux ici », c'est bien éclairé

clenche ou clanche (la): la poignée de porte ou de fenêtre.

clencher: ouvrir la porte

confiotte: confiture

coriatte (une): petite courroie, corde, lacet

cornet (un): sachet pour les courses

couarail (n. m.): veillée en été; réunion chez les uns et les autres devant les maisons en été pour "causer"

coualé: tordu, pas droit, idem câgneux

crâpi, -e: ridé (personne, fruits : « une pomme crâpie »)

croquant:  « c’est un morceau de croquant » : morceau de cartilage

cru,-e (adj.): c’est cru: il fait froid humide

cuisant: « j’ai le cuisant », brûlures d’estomac

débiscaillé, -e: (adj.) : « après les fêtes, on est débiscaillé » : patraque, dérangé,

décrotter (v.):  manger beaucoup : « qu’est-ce qu’il décrotte, cet enfant-là ! »

dégotter (v.): réussir à trouver, obtenir : « dégotter une bonne affaire »

déqueugner (v.): nettoyer, débarbouiller

doucette (n. f.): la mâche

eau (être en) (v.): transpirer

embèche: voir  ambèche

enqueugné: encrassé, sale

faire ses affaires: faire l'amour : il a fait ses affaires à la bacelle des Vosges !

fiâche (adj.): flétrie (en parlant de la salade)

feugner (v.): fouiller

fier, fière (adj.):  goût acide, aigrelet(te) ( une pomme fière)

fion (un): quolibet, moquerie ("lancer des fions à quelqu’un": se moquer)

flo (n. m.): nœud de lacet ou nœud dans les cheveux des petites filles: « oh !  le beau flo dans les cheveux »

floconner: neiger à gros flocons: ce matin, il floconne

gails ou une vieille  gaille (n. f.): un cheval

gambette (n. f.):  jambe: « elle a de belles gambettes »

godot (n. m.): un verre, un godet ("qui parle trop, rince les godots")

goulotte (une):  une rigole, une descente d’eau, tuyau d’évacuation des eaux usées

goulâfe (n. et adj.): goinfre

goulée (n. f): une gorgée

gôyotte (n. f.): économies, bas de laine : « j’ai une belle gôyotte de coté »

gratte-cul (n. f.): baie d’églantier, « une liqueur de gratte-cul »

grillé, -e (adj.) : plante ou fleur détruite par la gelée, la neige ou un excès d’eau

gueniche (n. f.): poupée, femme de mauvaise vie

Guiguitte: diminutif de Marguerite: « la tante Guigitte »

        

          

dessins de Jean Scherbeck, artiste lorrain, 1923, reproductions de cartes postales,"Nos gens"*

* Jean Scherbeck,artiste lorrain qui a croqué ses portraits de Papîches et Mamîches, au pied de la colline de Sion.Deux albums en ont  été tirés: "Nos gens" 1926, puis 1927, une réédition en 1978 en un seul album.

Pages : 1
1 - En passant par la Lorraine
3
3 - St Nicolas de Port et La Peste
5
5 - Comment gagner une indulgence plénière à Rosières
7
7 - Un Homme de Foi et de Loi...
9
9 - Les lieux de production en Lorraine
11
11 - Pauvres sorcières
13
13 - La chasse
15
15 - Le goitre endémique et le crétinisme à Rosières-aux-Salines
17
17 - Le couvent des cordeliers
19
19 - Le blason de Rosières
21
21 - La Misère à Rosières-aux-Salines
23
23 - L’instruction
25
25 - Le Jugement
27
27 - Patois, suite...
29
29 - L’arrivée du choléra
31
31 - Le Nom de Rosières-aux-Salines - L’hospice Sainte-Odile
33
33 - Chroniques de nos campagnes
35
35 - Personnalités locales
37
37 - La forme du département
39
39 - Les Contes de Fraimbois II
41
41 - Le costume lorrain
43
43 - Rédaction: Notes à nos lecteurs
Voir les titres 2 2 - La Lorraine et les Bourguignons 4 4 - Les plus vieilles sources concernant Rosières aux Salines 6 6 - L’entrée de Rosières-aux-Salines aux siècles passés 8 8 - Le Castel Brun 10 10 - La France à l'époque des gabelles 12 12 - L’aveu 14 14 - Un savant à Rosières 16 16 - Pourquoi tant de goitres à Rosières et dans les pays alpins 18 18 - Les régents d’école 20 20 - Le cahier des doléances sous la Révolution 22 22 - Crime et Châtiment à Rosières-aux-Salines en 1819 24 24 - La Ruse 26 26 - L’ancien patois 28 28 - Les Haras en France 30 30 - Le petit Pont 32 32 - Victor Poirel 34 34 - La gare de Rosières-aux-Salines 36 36 - La guerre, Reichshoffen et Gravelotte 38 38 - Les Contes de Fraimbois I 40 40 - Antoine Cholet 42 42 - La Chapelle St-Odile