![]() |
PROGRES et RENOUVEAUMieux vivre à Rosières |
||||
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
L'ancien patois On a vu dans l’histoire criminelle que le secrétaire de Mairie espionnait les prisonniers qui s’entretenaient en patois... la fable ci-dessous nous montre les particularités de ce langage fort différent du français, à l'époque. Essayez de la lire à haute voix, en insistant fort sur les ââ, ôô...l'effet devrait être saisissant auprès de vos amis... Eul carillonnoue - Le carillonneur ( de Boulangé ,d'après Lucien Vauthier). Et Saulxerotte, y n'avau zo pûe qu'eune tioche, la daoue ‘autes avint servi A Saulxerotte, il n'y avait plus qu'une cloche, les deux autres avaient servi pendant let Révolutiun, poûe fâre do canons, comme tout pâtioù. pendant la Révolution pour faire des canons,comme tout partout. Au siècle dirreyie, qund noûs geos eurefayinrent loue z'église, y remotinrent Au siècle dernier, quand nos gens rebâtirent l'église, ils y remirent traues tioches dedot eul nouvé tiochet. Monsure Couret dit ainsi trois cloches au nouveau clocher. Monsieur le Curé dit ainsi et Mossieu eul Mâre : « Avot traues tioches,y faurau in carillionnoue ». à Monsieur le Maire : « Avec trois cloches,il nous faudrait un carillonneur ». Y se mottinrent d'accord poûe demandet et eul sinneur de ropiennie Ils se mirent (« méttinrent !) d'accord pour demander au sonneur de remplir so fonctiuns o eul priant de s'otraîner et so nouvelles obligatiuns, ses nouvelles fonctions en le priant de s'entraîner à ses nouvelles obligations poûe eune mi fâre de canâes ! pour ne pas faire de canards ! Pisqu'on n'ayiau me aucuns sons soutet füè de chie noûte sinneur, Puisqu'on entendait aucun son sortir de chez notre sonneur, Mossieu eul Mâre eusse rodit chie l'apprenti carillonnoue poûe vaure Monsieur le Maire se rendit chez l'apprenti carillonneur pour voir voroù qu'o n'atau zo noûte meusicien,pasque Pâques, Ascensiun et Panecôte pourquoi on n'entendait pas notre musicien, parce que Pâques, l'Ascension et la Pentecôte approcho zo et il faurau eul carillon.« Ça va bin, ça va fin bin, dit noûte carillonnoue, approchaient et il faudrait le carillon.« Cela va bien, cela va fin bien, dit notre carillonneur, venet et let cave, j'euve fera vaure eume n'installatiun ». venez à la cave, je vous ferai voir mon installation ». Dedot let cave ponedau zo traues hottes attacheyies au piafond, Dans la cave, pendaient trois hottes attachées au plafond, chéceune avau zo coumme battant eune grande andouille chacune avait comme battant une grande andouille, et peu poûe fâre moins de brue avot eusse n'apprentissache, et puis pour faire moins de bruit avec son apprentissage, chéceune do z'andouilles atau zo rotoûtilleye avot do frapouilles. chacune des andouilles était entourée de vieux chiffons. « Inla, qui dit o présentant eusse n'installatiun, pécheune n'oeyille rin, « Comme cela, fit-il en présentant son installation, personne n'entend rien, pécheune n'o déranget ! » personne n'est dérangé ! » dessins de Jean Scherbeck, artiste lorrain, 1923, reproductions de cartes postales,"Nos gens"* Le patois, de nos jours... Actuellement, il persiste beaucoup de mots de pâtois dans la converstion courante; voici une liste alphabétique des quelques termes que nous entendons encore régulièrement à Rosières-aux-Salines, à l’occasion replacés dans des expressions courantes pour mieux vous familiariser. altata ou haltata: « il est un peu altata » : dérangé, fantasque - bien prononcer le h aspiré... ambèche ou embèche: « va me chercher une embêche » (=récipient quelconque ) âties: (faire des): faire des manières à toc : au maximum, « j’ai monté le chauffage à toc » la babette: la bonne du curé bacèle (une ): jeune fille bassiner: « tu me bassines » : tu me casses les pieds, bassotter ,"qu’est-ce-que tu bassottes ?" : tu brasses de l’air...faire quelque chose d’inutile bassoteur, -euse : personne qui bassotte le bat-beurre: une baratte, pour battre le beurre beûgne une): un coup, une bosse ( à une personne, dans un véhicule) beûgner (se): se cogner beûlou: « il est beulou »: qui ne voit pas ou mal (sens propre et figuré) beurâ: boudeur, renfrogné, peu vivant bisbille (une): « il est en bisbille avec son voisin »: fâché... bodate (la) : le ventre, le nombril bourrichon (se monter le) : « arrête de te monter le bourrichon », de te monter la tête... brayatte (la): la braguette du pantalon brimbelle (n. f.): myrtille ; la "fête de la brimbelle" à Bruyères, dans les Vosges briquer: nettoyer brizaque: « cet enfant est (un) brisaque » : il brise tout, il casse tous ses jouets... brûl: brûlé :"ça sent le brûl ici" broussiner: "y broussine", il pleut ( pluie fine) caboulot: « au ptit caboulot » = au petit café, câgneux, -euse: pas droit, tordu (personne, objet) caillon: « faire le caillon » : faire le cirque, le désordre calendes: nom donné en avril aux giboulées (de mars...) calougeotte: petite cabane, par exemple la guérite à l’entrée de la caserne, camp-volant: tzigane, gens du voyage câncatte ou câcatte (une): une femme bavarde câncatter ou câncatter: bavarder (commérages) carne (une): personne très désagréable cârotter: « il m’a carotté de l’argent », dérobé catiche (une): une poupée cayatte: « j’ai vu le bébé, il est cayatte » : il est roux, rouquin (cheveux) chânattes (les): tuyaux d’écoulement des eaux de pluie. chaouée (une): « il vient de tomber une bonne chaouée... »: une grosse averse, charpagnatte: idem "camp-volant, qui fabrique et vend des charpagnes (=des paniers en osier). chaûrée (n. f.): bouffées de chaleur : « j’ai mes chaûrées » cheûlard, cheûlarde: « c’est un cheûlard », un ivrogne cheûler: boire de trop... chigner ou chignotter: « le bébé chigne », il pleurniche chouiner: pleurer chnobotte: déformation "snow-boot » ?... chaussons montants en feutre chpountz: un Alsacien, un Allemand, "parler le chpountz". clarteux, clarteuse: « c’est clarteux ici », c'est bien éclairé clenche ou clanche (la): la poignée de porte ou de fenêtre. clencher: ouvrir la porte confiotte: confiture coriatte (une): petite courroie, corde, lacet cornet (un): sachet pour les courses couarail (n. m.): veillée en été; réunion chez les uns et les autres devant les maisons en été pour "causer" coualé: tordu, pas droit, idem câgneux crâpi, -e: ridé (personne, fruits : « une pomme crâpie ») croquant: « c’est un morceau de croquant » : morceau de cartilage cru,-e (adj.): c’est cru: il fait froid humide cuisant: « j’ai le cuisant », brûlures d’estomac débiscaillé, -e: (adj.) : « après les fêtes, on est débiscaillé » : patraque, dérangé, décrotter (v.): manger beaucoup : « qu’est-ce qu’il décrotte, cet enfant-là ! » dégotter (v.): réussir à trouver, obtenir : « dégotter une bonne affaire » déqueugner (v.): nettoyer, débarbouiller doucette (n. f.): la mâche eau (être en) (v.): transpirer embèche: voir ambèche enqueugné: encrassé, sale faire ses affaires: faire l'amour : il a fait ses affaires à la bacelle des Vosges ! fiâche (adj.): flétrie (en parlant de la salade) feugner (v.): fouiller fier, fière (adj.): goût acide, aigrelet(te) ( une pomme fière) fion (un): quolibet, moquerie ("lancer des fions à quelqu’un": se moquer) flo (n. m.): nœud de lacet ou nœud dans les cheveux des petites filles: « oh ! le beau flo dans les cheveux » floconner: neiger à gros flocons: ce matin, il floconne gails ou une vieille gaille (n. f.): un cheval gambette (n. f.): jambe: « elle a de belles gambettes » godot (n. m.): un verre, un godet ("qui parle trop, rince les godots") goulotte (une): une rigole, une descente d’eau, tuyau d’évacuation des eaux usées goulâfe (n. et adj.): goinfre goulée (n. f): une gorgée gôyotte (n. f.): économies, bas de laine : « j’ai une belle gôyotte de coté » gratte-cul (n. f.): baie d’églantier, « une liqueur de gratte-cul » grillé, -e (adj.) : plante ou fleur détruite par la gelée, la neige ou un excès d’eau gueniche (n. f.): poupée, femme de mauvaise vie Guiguitte: diminutif de Marguerite: « la tante Guigitte » dessins de Jean Scherbeck, artiste lorrain, 1923, reproductions de cartes postales,"Nos gens"* * Jean Scherbeck,artiste lorrain qui a croqué ses portraits de Papîches et Mamîches, au pied de la colline de Sion.Deux albums en ont été tirés: "Nos gens" 1926, puis 1927, une réédition en 1978 en un seul album. |