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PROGRES et RENOUVEAUMieux vivre à Rosières |
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Les Haras en France L’histoire des haras est ancienne. Etymologiquement, haras signifie « troupe d’étalons ». Plus tard, il s’applique aux établissements qui en font la reproduction. Historiquement, l’élevage du cheval en France est ancien. César préférait les chevaux des Gaulois à ceux des Germains, et Vercingétorix, cité par César, encourageait ses cavaliers en leur disant : « Quand aux cavaliers romains, ne pensez pas qu’un seul d’entre eux ose vous attaquer ! ». Cette supériorité n'était pas sans rapport avec l’amour de nos ancêtres pour l’équitation et le cheval: Charlemagne s’occupait lui-même des immenses haras qu’il possédait et au Moyen-âge, les Seigneurs, les Abbayes, les Rois, avec les tournois, etc., par leur enthousiasme, poursuivaient la sélection des meilleurs chevaux. Malheureusement, Richelieu, en faisant venir les Seigneurs à la Cour, porte un coup sévère à ce développement: en 1630, par exemple, la France est obligée d’importer des chevaux pour 5 Millions de livres ! Colbert, en 1665, corrige le tir en créant les Haras Royaux et de Gardes Etalons. Ils sont dissous à la Révolution (pas très longtemps) en raison de l’abolition des privilèges et de leur mauvaise réputation (ils étaient mal aimés du peuple, corruption importante...) puis rétablis par Napoléon par nécessité en 1806, lui qui utilisait bien sûr une folle quantité de chevaux dans toutes ses batailles... Plus sur l’élevage des chevaux sous Colbert et les chevaux carrossiers (+++) Plus sur les haras et sur les haras sous l’empire L'entrée du haras à Rosières-aux-Salines - cliquez sur les photos pour agrandir Les haras de Rosières-aux-Salines En Lorraine, c’est le Chancelier du Roi Stanislas, le Marquis de La Galaizière, qui crée (en 1768) les haras de Rosières-aux-Salines à l’emplacement des anciennes Salines Royales. Au début, il regroupe une cinquantaine de chevaux, la plupart des « carrossiers » (chevaux de trait, qui tirent des carrosses) originaires du faubourg de la Malgrange, quelques Holstein (Danois) et quelques juments. Les rejoignent vite des étalons orientaux ou de race anglaise (anglo-arabes), originaires de Zweibrücken, du haras du Duc des Deux-Ponts, près de Sarreguemines, dont les Français s’étaient rendus maîtres en 1793... Puis notre haras se développe vite et son succès est important: en 1828, nous avons même droit à la visite du Roi Charles X ! Une de nos principales rues porte de nos jours le nom d’un de ses directeurs, Léon Bocheron qui en est resté 15 ans le directeur (1865). Selon les époques et les guerres, on privilégiait une race plutôt qu’une autre: avec Napoléon et la Restauration, les purs sang anglais et arabes, bien utiles à la guerre; vers 1900, on privilégie l’Ardennais, petit cheval de trait solide, bien pratique pour tirer les canons et les charrues et qui serait peut-être bien l’ancêtre gaulois de nos chevaux... Puis on est revenu à une certaine proportion d’anglo-arabes... Les haras - le cheval ardennais Les haras ont servi à d’autres utilisations: 14-18 a vu les généraux logés dans le bâtiment du directeur, et en 45,les américains y avaient installé un centre de réparation mécanique...Actuellement, il héberge une école de maréchalerie et plus de 800 juments sont mises annuellement à la reproduction... Plus sur la Galaiziere Cliquez sur photos pour les agrandir Le Sieur de Fallois Du vivant de Stanislas, les Haras de Rosières étaient sous la direction du Marquis de la Galaiziere. Mais Stanislas décédé, les Français cherchent évidemment à évincer les lorrains. Quand Louis XVI nomme un directeur général des Haras de France en 1781, le Marquis de Polignac, notre Haras se retrouve du coup avec deux directeurs car on n’a pas officiellement enlevé son titre à la Galaizière... Deux directeurs ! L'un qui dit blanc pendant que l’autre dit noir ! Qui va gagner d'après vous ? C’est une pièce de théâtre en quatre actes: Premier Acte Un poste d’inspecteur des Haras étant libre à Rosières-aux-Salines, Polignac cherche à y nommer un français... Pas de chance, la Reine Marie-Antoinette, sur le conseil de La Galaizière, lui force la main, en imposant le choix d’un lorrain issu d’une famille anoblie par un Duc de Lorraine, le Sieur de Fallois. C'est compréhensible, elle aime bien les Lorrains, elle, fille de Frédéric III, le dernier Duc de la Maison de Lorraine ! Polignac consent, nomme le Sieur Fallois mais lui impose deux sous-inspecteurs (français). Acte deux, trois ans plus tard... Polignac exige maintenant la démission du Sieur Fallois pour incompétence, exhibant un rapport des deux sous-inspecteurs ci-dessous)... Le Sieur de Fallois refuse, écrit au Roi, qui demande à Polignac sa version des faits. Qui répond en donnant ses arguments, exposés ci-dessous. A vous de juger ... - Certes, il a bien nommé le Sieur de Fallois comme Inspecteur des Haras, sur l’insistance de la Reine, mais en échange il aurait exigé que le sieur de Fallois passe un examen pour prouver sa compétence... - L’examen ayant été un échec, il a cependant consenti à le nommer inspecteur « par pure bonté »: celui-ci ayant déjà annoncé à tout le monde sa nomination, il aurait été ridiculisé... En outre, n’étant pas d’une famille très riche, il aurait eu du mal à vivre avec des revenus de sous-inspecteur... (1000 livres par an au lieu de 2400...) Mais bien sûr, il a proposé au Sieur de Fallois, (pour l’aider, évidemment...), puisqu’il avait échoué à l’examen, deux sous-inspecteurs. En échange de ces marques de bonté, le Sieur de Fallois aurait spontanément proposé de donner sa démission, dès qu’on la lui demanderait... Et maintenant que les rapports des deux sous-inspecteurs confirment son incompétence, il refuse de rendre sa nomination et ose demander l’arbitrage du Roi... Quelle ingratitude tout de même ! N'est-ce pas ?! Acte Trois Le Roi ne se décidant pas vite - il a demandé un complément d’enquête - le Marquis de Polignac toujours « dans sa grande bonté », propose au Sieur de Fallois en échange de sa démission un poste de sous-inspecteur dans le Poitou, avec une prime supplémentaire de 200 livres, soit 1200 livres annuellement ! Mais le Sieur de Fallois s’obstine encore, sûr de ses appuis en haut lieu... Trois mois plus tard, il n'a toujours pas renvoyé son arrêté de nomination à Polignac, comme celui-ci le lui exigeait... Dénouement Malheureusement pour lui, La Galaisiaire semble bien à ce moment avoir perdu l’oreille du Roi. Marie-Antoinette ne l'aide pas non plus: ne s’est-elle trop immiscée entre la France et la Lorraine, elle " l'Autrichienne " ? Le Marquis de Polignac demande et obtient alors l’internement du Sieur de Fallois dans les prisons de l’Abbaye royale de St-Germain. Nous perdons totalement sa trace. Y est-il resté jusqu’à la fin de ses jours ? C’est un Français qui le remplace à Rosières-aux-Salines, le chevalier Duplessis. Quant aux deux sous-inspecteurs, leur poste est supprimé? C'est étonnant, n'est-ce pas...N’étaient-ils pas là spécialement pour espionner et faire tomber le Sieur de Fallois ? Maison du directeur, bureaux et le dépôt d'étalons - cliquez sur les photos pour les agrandir Le rapport des deux sous-inspecteurs - Le Sieur de Fallois a fait des dépenses immodérées, prétextant que les bâtiments à son arrivée tombaient en ruine, que les palefreniers étaient mal habillés; or, si c’était le cas, comme tout cela relève du Marquis de Polignac, celui-ci aurait bien évidemment fait ce qu’il fallait; de plus tout le monde sait bien que les palefreniers en Lorraine, contrairement à la France, n’ont jamais été habillés... - Il a pris sur lui de réformer 40 étalons sur 44, juste avant la monte; certes il est vrai qu'un certain nombre devaient l’être mais ce n’était pas possible de le faire car il eut fallu en acheter d’autres et il n’y avait pas d’argent... - Il a osé demander au Roi la levée d’un impôt supplémentaire pour que la France participe mieux à la reconstruction des Haras, prétextant que la Lorraine de son côté y participait déjà pour 60000 livres... Or c’est faux, la Lorraine ne verse que 50000 livres tout au plus *... - Il a accordé 13000 livres de gratifications aux garde-étalons, or celles-ci ne peuvent être accordées qu’aux gardes qui les méritent et à la beauté de leur étalon... C’était au Marquis de Polignac de juger de ces sommes, qu’il n’aurait de toute façon pas accordées... - Après s’être emparé d’un logement de 22 pièces, il a constamment refusé d’en laisser une part à son sous-inspecteur, cherchant constamment à le dégoûter de sa place... - Il a acheté des étalons à des marchands de son propre chef...en proposant même au Marquis de Polignac une petite fraude pour faire baisser le prix des marchands... - Il se permet maintenant de demander un arbitrage entre le Marquis de Polignac et lui, traitant celui-ci d’incompétent... A vous de juger... *la Lorraine effectivement payait une contribution très forte comparativement, puisqu’au total 38000 livres étaient levées pour les haras pour 18 généralités de France. (Source: Nicole Garnier, la destitution du Sieur de Fallois) |