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PROGRES et RENOUVEAUMieux vivre à Rosières |
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La Misère à Rosières-aux-Salines Par le Dr.Morel, déjà cité: « Mais que dire de la nourriture ? Hélas ! elle est tout à fait insuffisante et la plupart du temps de mauvaise qualité. Les habitants pauvres se nourrissent presque exclusivement de pommes de terres, ils louent une parcelle de terrain communal; ils font labourer et fumer leur champ par un fermier qui, au bout de l'année, partage avec eux la récolte. Les provisions qu'ils peuvent ramasser en pommes de terre et autres légumes sont placés dans des espèces de celliers souvent inondés dans la mauvaise saison; il n'existe pas de cave dans la plupart des maisons. Malgré le bon marché du pain, cet aliment précieux n'est pas abordable à tout le monde; nous en dirons autant du sel, qui devrait entrer en proportion plus notable dans les aliments. On compte des familles où l'on ne mange guère de pain que dans la soupe. La farine de maïs est un grand régal; quant à la viande, inutile de dire que lorsque certaines familles en mangent trois ou quatre fois par an, elles s'estiment très heureuses; les plus fortunées encore sont celles qui peuvent élever un cochon.» Et en Lorraine ... La misère concerne en fait toute la Lorraine, comme le montre ce texte d’Erckmann-Chatrian, sur la vie des paysans « au temps jadis » : « Ce n'est pas à moi que l'on peut faire croire que les paysans étaient heureux avant la Révolution, j'ai vu le bon-temps, comme ils disent, j'ai vu les anciens villages; j'ai vu le four banal où on ne cuisait de la galette qu'une fois l'an, et le pressoir banal, où l'on n'allait qu'à la corvée, pour le seigneur ou pour l'abbaye, j'ai vu les vilains, maigres, décharnés, sans sabots et sans chemise, avec une simple blouse et des pantalons de toile, été comme hiver; leurs femmes tellement hâlées, tellement sales et déguenillées qu'on les aurait prises pour des espèces de bêtes... Ah! les seigneurs eux-mêmes n'ont pu s'empêcher d'écrire dans leurs livres : « Que les pauvres animaux courbés sur la terre, sous la pluie et le soleil, pour gagner le pain de tout le monde, méritaient pourtant d'en manger un peu ! » Ils écrivaient cela dans un bon moment, et puis ils n'y pensaient plus. Ces choses-là ne s'oublient jamais... Et les vieilles gens parlaient d'un état encore pire; ils parlaient de la grande guerre des Suédois, des Français et des Lorrains, où l'on pendait les paysans à tous les arbres par grappes; ils parlaient de la grande peste arrivée plus tard pour achever la ruine du monde, de sorte qu'on pouvait faire des lieues sans rencontrer une âme; ils criaient, en levant les mains : « Seigneur Dieu, préservez-nous de la peste, de la guerre et de la famine ». Mais la famine, on l'avait tous les ans. Comment, avec seize chapitres, vingt-huit abbayes, trente-six prieurés, quarante-sept couvents d'hommes, dix-neuf couvents de femmes, dans un seul diocèse, et nombre de seigneuries, comment recueillir assez de fèves, de pois, de lentilles pour l'hiver ?... Sous ce nom d'auteur, se cachent d’Erckmann-Chatrian, deux « écrivains patriotes » lorrains nés près de Phalsbourg; (Histoire d'un paysan) Plus sur Erckmann-Chatrian et sur Chatrian Images de jacques callot : sac d’un village et la revanche des paysans ... Plus sur Jacques Callot |