PROGRES et RENOUVEAU

Mieux vivre à Rosières

 

 

 

 










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En passant par la Lorraine
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Les plus vieilles sources concernant Rosières aux Salines
Comment gagner une indulgence plénière à Rosières
L’entrée de Rosières-aux-Salines aux siècles passés
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Le goitre endémique et le crétinisme à Rosières-aux-Salines
Pourquoi tant de goitres à Rosières et dans les pays alpins
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Le blason de Rosières
Le cahier des doléances sous la Révolution
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Crime et Châtiment à Rosières-aux-Salines en 1819
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Les Contes de Fraimbois I
Les Contes de Fraimbois II
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Le costume lorrain
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Rédaction: Notes à nos lecteurs

  Crime et Châtiment à Rosières-aux-Salines en 1819

Les faits

C’est à un véritable roman policier que nous vous convions ici: les éléments relatés ont bien eu lieu, les questions et réponses sont tirées des compte-rendus judiciaires de l'époque...

Le Maire cette année-là, le 21 juillet, écrit au Procureur du Roi, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis pour dénoncer un crime horrible :

« Monsieur, J'ai l'honneur de vous dénoncer un crime affreux qui vient d'être commis en cette ville. Un jeune homme nommé Joseph Drouin, d'environ 30 à 35 ans, marié il y a moins d'un an à la nommée Marguerite Liégey, 24 ans, vient d'expirer, il y a une heure après des convulsions terribles et des vomissements continuels pour avoir mangé hier soir, une soupe qu'on lui a apportée de chez le sieur d'Hablainville."

 

"Marguerite (née) Liegey, l'épouse, est la fille de la dame Marguerite Houard, laquelle est mariée en secondes noces à François d'Hablainville, propriétaire vigneron très aisé, et qui était brouillé depuis quelques temps avec son gendre, le dit sieur Drouin... C'est donc le gendre qui vient d'être retrouvé empoisonné..."

"...mangez donc, mon mari, ce bon bol de soupe, préparé par maman..."

L’empoisonnement 

"Drouin n'a pas eu plus tôt avalé ce funeste manger, qu'il a dit devant plusieurs personnes qu'il était empoisonné. L'intérêt qui dirige toutes les personnes de cette famille, peut être même la mauvaise volonté, a empêché d'appeler hier le médecin stipendié de cette ville, on n'a réclamé son secours que ce matin, mais il n'était plus temps. La rumeur publique accuse hautement de cette mort inopinée le dit d'Hablainville ou sa femme et peut-être bien tous les deux. Je vous supplie donc Monsieur, de bien vouloir vous transporter ici, le plus tôt qu'il vous sera possible avec les personnes de l'art qu'il vous plaira de nommer à l'effet de faire l'ouverture du cadavre de cet infortuné jeune homme, attendu que la température très chaude que nous éprouvons (nous sommes en juillet...) pourrait peut-être rendre cette opération dangereuse, si elle était faite plus tard.       

           J'aurais beaucoup d'autres choses à vous dire, tant sur les circonstances de cette mort que sur la moralité du dit d'Hablainville et de sa femme, mais le temps est trop pressant. On aura l'honneur de vous causer de tout cela de vive voix. J'ai cru devoir m'assurer provisoirement de la personne du dit d'Hablainville et de sa femme, et ai établi deux gardiens au cadavre. J'attendrai donc vos ordres ultérieurs ou plutôt votre présence pour agir et j'ai l'honneur d'être avec un très profond respect votre très humble et très obéissant serviteur. »   Signé : le Maire, Dauphin.        

 Le constat du docteur Florence

« Vers 7 heures du matin, j'ai été accosté dans la rue par madame Vicaire, qui me pria de passer de suite chez M. Joseph Drouin, je le trouvai couché avec sa femme, il me déclara qu'il était un homme perdu, qu'il était empoisonné pour avoir mangé, hier de la soupe provenant de chez ses beaux-parents après en avoir avalé quelques cuillerées, il avait trouvé à cette soupe un goût de sel de nitre; il ajouta, malgré la quantité d'eau qu'il avait bue, qu'il avait éprouvé des coliques et des vomissements qui avaient duré toute la nuit; Joseph Drouin avait la figure toute décomposée, il était dans un état voisin de la mort. Je lui prescrivis sur le champ une potion propre à calmer les douleurs, mais il mourut peu après. »

Le juge d’instruction, M.Henry, arrive très vite

et commence son enquête...  

 

Il fait enlever le drap qui recouvre le corps du mari étendu sur le lit, fait pratiquer aussitôt l'autopsie, constate que le plancher de la chambre a été lavé à grande eau...

 

"Voici le corps du malheureux, Monsieur le Juge..."

  Les voisins confirment que la femme Drouin a procédé, le matin, à cette opération pour faire disparaître les traces de vomissements de son mari. Enfin il recueille les déclarations des médecins : « Nous présumons que la mort de Joseph Drouin ne peut avoir d'autre cause que l'érosion profonde de l'estomac occasionnée par la substance que nous y avons évaluée, la quantité contenue dans la capacité de ce viscère à 40 grains »..

Plus sur les mesures de l’époque 

On interroge une domestique chez les beaux-parents...

Marie Antoine, 26 ans, domestique de culture : « J'ai servi pendant cinq mois chez d'Hablainville, propriétaires à Rosières, j'en suis sortie le 19 juillet, la veille même de la mort de Joseph Drouin, pendant que j'étais à son service, la femme d'Hablainville ne cessait de répéter: "Si seulement mon gendre mourait subitement..., ma fille n'a pas de coeur de rester avec lui; si elle ne revient pas chez nous, elle n'aura pas notre bien, nous le donnerons plutôt à l'hospice. Si on m'annonçait la mort de Drouin, je ferais une bonne tarte en réjouissance". Le mari s'efforçait de la calmer "Tais-toi Guiguitte, ne dis rien, si les gens t'entendaient, qu'est-ce qu'ils diraient ?" »

 

Quatre jours avant le déçès du Sieur Drouin, elle se souvient d'avoir vu quelque chose, sur la table, chez son maître, le Sieur d'Hablainville, un papier blanc plié en quatre: du poison ?

Le vendredi 16 juillet à 8 heures du matin, François d'Hablainville était déjà de retour d'un voyage qu'il avait fait à Saint-Nicolas, quelques instants après avoir mangé la soupe, sa femme, lui dit : « François, où avez-vous mis ce que vous avez rapporté de Saint-Nicolas ». Il répondit « Je l'ai mis dans le desservant à la cuisine ». Peu après pris mon chapeau de paille dans ce desservant, je vis sur la seconde tablette un papier blanc plié en carré, ne l'ayant point ouvert, je ne sais ce qu'il contenait. Le 19 juillet d'Hablainville m'a donné mon compte et je suis partie à Manoncourt. »   

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